Le plaisir ne saurait attendre de Tishani Doshi


En 1968, un jeune homme, Darmesh dit Babo, quitte sa ville de Madras dans le sud de l’Inde pour Londres.
La Grande-Bretagne, il en rêve depuis longtemps et espère y faire sa vie.
Avant son départ, sa mère, Trishala, lui rappelle les interdits : pas de viande, pas d’alcool, pas de tabac et pas de femme.
Une fiancée l’attend d’ailleurs en Inde.
Mais quelques semaines après son arrivée, Babo croise Sian, une jeune Galloise.
Coup de foudre.
Oubliée la fiancée indienne, oubliés les interdits.

Dans Le plaisir ne saurait attendre, l’amour est au cœur de l’histoire mais il ne s’agit pas non plus d’une histoire à l’eau de rose.
L’amour qui unit Babo et Sian est le chemin que l’auteur trace pour son récit, en les plaçant comme personnages principaux, avec les parents de Babo, sa grand-mère Ba et plus tard, leurs filles Mayuri et Bean, résultat d’une union de deux personnes différentes, de religions, de races, de cultures et de pays.
Ba, en particulier, est un personnage remarquable.
C’est une veuve vivant à Anjar, habitée d’une aura de sagesse éternelle, et qui vit entourée par les femmes du village et un eunuque.
Elle est l’aïeule, qui anticipe l’arrivée des membres de sa famille en y associant des odeurs.


De nombreux thèmes sont explorés à travers la vie des Patel : l’amour, les questions raciales et la question de l’identité, l’acceptation sociale, l’innocence perdue, la mort, les ajustements auxquels nous devons faire face quand un être aimé prend une autre direction, de façon inattendue, laissant un vide insupportable, et la patience.

Ce roman est écrit d’une plume claire et poétique, presque insouciante, malgré les drames et les vicissitudes de l’existence par une jeune femme, journaliste, poétesse et danseuse de Chennai et inspirée par l’histoire de ses parents.

Tishani Doshi est née en 1975 à Chennai dans le Tamil Nadu.
Ce roman m’a bien évidemment rappelé de nombreux souvenirs ramenés de mon séjour enInde dans cette ville et mes différentes excursions dans le Tamil Nadu.

Tishani Doshi a quitté Chennai à 18 ans pour suivre des études de Business Administration au Queens College de New York.
En 1999, elle déménage à Londres où elle travaille comme assistante du service publicité du fameux magazine de mode Harper’s & Queen avant de décider de regagner l’Inde.

A 26 ans, elle démarre une carriere de danseuse et en parralléle elle fait du journalisme en freelance.
En 2006, elle remporte le Prix All-India Poetry.
Son premier roman Le plaisir ne saurait attendre est né du souvenir d’une découverte d’enfance dans une cache secrète: la correspondance amoureuse de ses parents.

L’amour ne regarde pas avec les yeux mais avec l’esprit. 
William Shakespeare